Les 8 voies du Yoga

Ashtanga signifie 8. Le sage Patanjali a systématisé le yoga en huit voies dans ses yoga sutras. Ce livre, composé de 196 versets, est considéré comme étant l’une des fondations de la philosophie du yoga. Les huit membres du yoga sont les commandements moraux (yama), la discipline individuelle (niyama), les postures (asanas), la maitrise de la respiration (pranayama), la maitrise des sens (pratyahara), la concentration (dharana), la méditation (dhyana) et enfin la libération (samadhi). 

 

Il s’agit de cinq règles morales qu’un individu doit respecter au sein d’une société afin de préserver une certaine harmonie.

  • La non-violence (ahimsa) : il existe trois sortes de violence, la violence physique, mental et verbale. Il est important de surveiller ses actions, qu’elles soient directes ou indirectes, les pensées que l’on a ainsi que les mots que l’on emploie afin de générer aucune violence à l’égard d’un être humain, d’un animal ou d’un insecte. Ceci explique le végétarisme de la grande majorité des yogi(e)s. Au contraire de la violence il est nécessaire de créer de l’amour pour toutes les créatures sur Terre, en partant du principe que tous les être vivants sont égaux et proviennent de la même source.
  • La vérité (satya) : il s’agit ici de ne parler qu’au nom de la vérité. Cela va au-delà du simple fait de ne pas mentir. Il s’agit de vivre une vie honnête, avec soi-même et avec les autres.
  • Ne pas voler (asteya) : cela inclus le fait de ne pas prendre ce qui appartient aux autres sans leur permission, mais également ne pas faire un usage différent de celui permit ni aller des termes du prêt de l’objet. L’envie et l’avidité sont des sentiments qui perturbent la tranquillité de l’esprit du yogi.
  • Contrôle des pulsions sexuelles (brahmacharya) : il ne s’agit pas de mener une vie de célibataire ou d’abstinent mais de contrôler la fréquence de ses rapports. Lors de l’acte sexuel, l’énergie vitale quitte le corps physique et est ainsi perdue, ralentissant ainsi fortement l’élévation spirituelle. Un brahmacharaya peut être total (abstinent) ou partiel.
  • Ne pas accumuler (aparigraha) : il s’agit de ne pas détenir ou accumuler des biens dont on n’a pas de réelle utilité ou de besoin immédiat. Dans la philosophie yogi, un esprit sain est un esprit qui ne ressent le manque de rien, détaché de tous biens matériels.

Il s’agit de cinq règles de conduite qui s’applique à la discipline individuelle.

  • La propreté (saucha) : il s’agit de respecter des règles de propreté du corps ainsi que du mental. Le principe est que garder un corps sain et propre conduit à avoir un mental sain et propre lui-même. Le yogi peut donc se purifier physiquement en éliminent ses toxines grâce à l’activité physique, mais également en ayant une alimentation saine et naturelle, et enfin en se restreignant de consommer des intoxicants comme la drogue, le café, et l’alcool. Un esprit sain dans un corps sain !
  • Le contentement (santosha) : dans la philosophie yogi, la gratitude est un élément important. Savoir se contenter de ce que l’on a et apprécier les situations telles qu’elles sont, concourent à l’élévation de l’âme.
  • L’austérité (tapas) : vivre de façon simple, modeste en expérimentant parfois des jeunes et autres types de rétention permet au yogi d’acquérir un meilleur contrôle de soi.
  • L’étude de soi (svadhyaya) : cette étape vise à comprendre le fruit de ses propres expériences, au travers d’études de différents textes. Le savoir est primordial dans la vie d’un être humain, se connaitre est fondamentale.
  • Le dévouement à l’énergie cosmic, à la vie (ishvara) : il s’agit ici de faire confiance et de s’en remettre à la vie et l’énergie qu’elle déploie.

Dans la tradition yogi, une fois seulement que le pratiquant a avancé dans ses commandements moraux et sa propre discipline, il peut commencer à pratiquer les postures. Ce sont les mouvements effectués lors d’un « cours de yoga ».  Un asana, le terme sanskrit pour « posture », est une positon dans laquelle une personne reste physiquement et mentalement concentrée, calme, silencieuse et confortable. Dans cette partie du yoga l’accent est mis sur le corps physique afin de le rendre sain pour que le mental puisse opérer dans de bonnes conditions. D’après le yoga il existe 5 corps, le premier est le corps physique, puis le corps énergétique, le corps mental, le corps d’intellect et enfin le cinquième corps, celui de la félicité, de la libération. Ces corps sont interconnectés ce qui signifie que pour pouvoir atteindre le cinquième corps, le plus subtil, il faut d’abord prendre soin du premier corps, puis du second et ainsi de suite. Le but des asanas est de débloquer les nœuds physiques afin que l’énergie vitale, la force vitale, appelée « prana » puisse circuler librement dans tout le corps. La rigidité d’un corps physique est dû aux blocages d’énergie et à fortiori une accumulation de toxines. Cette énergie est primordiale pour le développement de la conscience d’un individu, sa quantité ainsi que sa qualité sont majeures dans la vie d’un yogi. Grace aux postures le yogi conquiert son premier corps et le transforme en un réceptacle des plus sains pour abriter sa force vitale. Grace au flux généré, les postures permettent de trouver un équilibre mental, et crée une harmonie entre le corps et l’esprit. Le corps mental n’est qu’une subtile forme du corps physique et inversement. Quoi qu’il puisse se passer à un niveau physique cela correspondant à un niveau mental. En dénouant des nœuds physiques, les asanas dénouent également des nœuds mentaux.

Une fois la pratique des asanas terminée, le corps physique est ouvert, les blocages sont enlevés, l’énergie vitale peut donc circuler librement, et ceci est la fondation pour pratiquer des exercices de respirations, les pranayamas. Prana signifie force vitale, yama signifie extension. Pranayama est donc la pratique par laquelle on étend notre force vitale grâce au contrôle de la respiration. La respiration est comme un pont entre le corps physique et mental d’un individu, si la respiration est maitrisée cela signifie que l’esprit est maitrisé. Si la respiration est calme cela signifie que la personne est calme. Il est tout à fait possible d’observer l’état d’esprit d’une personne grâce à sa respiration. On l’utilise donc afin de réguler et d’augmenter le flux de prana dans tous les corps. Prana passe par des canaux énergétiques appelés les Nadis. Lors d’une séance de pranayama ces canaux sont purifiés des blocages émotionnels afin que le passage de l’énergie puisse se faire sans encombre. Plus un individu a d’énergie vitale plus il est aisé de contrôler son mental et plus il est facile d’atteindre des niveaux de consciences supérieur.

C’est 4 premiers niveaux s’occupent de purifier l’aspect extérieur de l’individu afin de pouvoir approcher son monde intérieur dans les étapes suivantes. 

Une fois les blocages physiques et émotionnels défaits, prana peut circuler librement et est en quantité et qualité suffisante pour pouvoir accéder au niveau du mental. Pour agir à ce niveau, le yogi commence par maîtriser ses sens. Il s’agit d’amener l’attention d’une personne à l’intérieur d’elle-même et non plus à l’extérieur par la stimulation des sens. Le toucher, la vue, l’ouïe, le gout, et l’odorat sont autant d’élément qui suscite chez un individu des réactions, un mot entendu par un personne, l’odeur d’une boulangerie, la vue d’une voiture… Un esprit peu entrainé aura tendance à réagir de façon automatique à tout ce qui passe autour de lui via ses sens. Le but ici est de prendre conscience de ses réactions automatiques et de ne pas y succomber afin d’amener toute son attention vers l’intérieur, là où le calme et la paix règnent. La conscience empêche tout agissement automatique, donc il ne s’agit pas de ne plus rien ressentir mais au contraire d’être maître de nos réactions. La maîtrise des sens ne permet donc pas de se fermer à ses sens mais de stopper le processus mental lié à eux.

Une fois que le yogi est devenu imperturbable grâce au retrait de ses sens, il est prêt pour l’étape suivante, la concentration. C’est la pratique par laquelle le mental est maitenu sur un seul et unique objet. Cet objet peut etre la respiration, un mantra, un concept, une idee, une partie du corps. Le but est de garder toute son attention sur ce seul et unique objet sans sauter d’un sujet à un autre, sans qu’aucune pensée ou émotions ne viennent perturber ou agiter l’esprit. Dans la concentration le yogi observe l’objet. La concentration sert à maitriser le mental, comme une mouche qui vole dans tous les sens et que l’on cherche à faire atterrir à un endroit et y rester.

Lorsque le flot de concentration est interrompu pendant une période conséquente alors l’état de méditation survient. Le terme sanskrit dhyana signifie la contemplation, la réflexion sur l’objet de concentration dharana. Dans la méditation le yogi n’observe plus simplement l’objet mais observe son mental en train d’observer l’objet. Il s‘agit de prendre du recul et de devenir la personne qui sait et non plus celle qui observe. La personne qui sait qu’elle est concentrée sur un objet, sa respiration par exemple.  Le méditant dirait alors « j’observe mon mental qui est en train d’observer ma respiration » et non pas « j’observe ma respiration ». C’est un niveau de conscience supérieure dans lequel le méditant peut distinguer son corps physique de son Etre, son âme, et ainsi observer le premier. La pratique de la méditation augmente considérablement la conscience, la sagesse et la compréhension du monde.

La concentration et la méditation sont interdépendant, le premier mène à l’autre. Le but est de connaitre la vérité sur notre vie, le sens, le pourquoi et le comment. Toutes les étapes précédentes sont faites pour préparer le corps et l’esprit à la méditation. La méditation est l’élément clé, l’apothéose d’une pratique spirituelle, car c’est elle qui mène à la réalisation de soi.

Lorsque le méditant ne fait plus qu’un avec l’objet de la méditation, lorsque son Etre est totalement en harmonie avec cet objet, il atteint la libération. C’est un état de très haute conscience dans lequel l’individu se réalise en faisant l’expérience de son soi profond, l’énergie qui anime l’univers entier. C’est l’expérience de l’union, le yoga. Un être réalisé n’a plus d’égo, ne connait plus la souffrance et est en parfaite symbiose avec tous les éléments de la terre. C’est comme la rivière qui lorsqu’elle rencontre l’océan perd son identité et son âme individualisée pour devenir un tout. Un être réalisé fait l’expérience du tout.

Ces quatre dernières étapes emmènent le yogi dans les plus profonds recoins de son âme.

Ces huit voies constituent l’arc grâce auquel l’individu, la flèche, peut atteindre sa cible, le bonheur.

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